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securité en action

Quelques conseils de sécurité pour vos actions
(version courte)

Organiser et faire des actions peuvent être des moments particulièrement enthousiasmants tout en créant/renforçant des liens entre des personnes qui militent ensemble. Puis ça change des blablas en réu ou de l’écriture de tracts (même si ça nécessite de faire des réus et souvent d’écrire un tract et/ou une revendication). En tout cas, ça fait varier les plaisirs !
Et ces moments sont d’autant plus chouettes si tout se passe bien !
Ce qui suit ne prétend ni être exhaustif ni constituer LA marche à suivre : ce sont juste des pistes que tu peux décider de suivre ou pas et qui dépendent bien évidemment du degré de risque de l’action prévue.
Parler de sécurité peut parfois rendre un peu parano, mais ce ne sont souvent que quelques habitudes et réflexes à prendre qui peuvent éviter de gros ennuis. Évidemment il ne s’agit pas ici de diminuer l’envie de faire des trucs mais au contraire, d’aider à bien les préparer et que ça se passe au mieux pour avoir envie d’en refaire !!

Préparation

Il est souvent utile de définir clairement l’objectif de l’action pour imaginer le scénario et les différents rôles : faire le guet, distribuer des tracts, surveiller le temps, donner un signal de fin, parler avec des employé.e.s ou des flics (si ça paraît pertinent).
Si l’action est plutôt longue (occupation de locaux, barrage d’une route), tu peux aussi penser à préparer de quoi « animer » (tract, bouffe, musique, mise en scène), d’abord parce que sinon tu risques de t’ennuyer, et aussi parce que ça aide à communiquer avec les personnes dont l’activité est perturbée.
Même quand il s’agit d’une action a priori tranquille, déjà faite etc, ça peut être utile d’anticiper que ça marche pas comme prévu : qui peut prendre la décision d’arrêter l’action et sur quelles bases ? Quoi faire si certaines conditions (exemple : nombre de personnes prévues) ne sont pas bonnes ? Si les flics arrivent ? S’il y a des arrestations ?
Quand du matos est nécessaire (ex : outils, bombe de peinture etc) et risque d’être abandonné sur place, il faut éviter de laisser ses empreintes partout : c’est possible de nettoyer les objets avec de l’alcool par exemple et de mettre ensuite des gants.

Repérages/action

Quand tu pars repérer, la 1ère règle, c’est de ne pas se faire repérer ! Attention à ne pas paraître trop louche, aux caméras, aux véhicules trop flags ou connus, etc. Le repérage est important pour avoir une idée de l’endroit, de l’activité, des routes pour arriver et repartir (et réfléchir aux moyens de transport adaptés), des caméras sur la route (attention aux plaque d’immatriculation qui peuvent être filmées) ou autour du bâtiment.
Attention aux traces qu’on laisse (adn, empreintes digitales, chaussures…) sur des objets, vêtements etc… qui pourraient être retrouvés.
Avec les téléphones modernes, on peut considérer que n’importe quelle personne qu’on risque de croiser est une caméra potentielle, on peut envisager différentes façons de se camoufler suivant les actions : cagoules, grosses lunettes, fausses barbe, clown etc

Communiquer sur l’action

Si tu veux prendre des photos pour revendiquer l’action, réfléchis à son usage suivant les risques juridiques et les décisions collectives à ce sujet. Attention notamment aux visages, vêtements etc, et au stockage des données sur la carte mémoire si c’est un numérique.
Si tu veux communiquer sur une action, c’est souvent pas mal d’avoir préparé le texte à l’avance, comme ça juste après l’action c’est envoyé et tu peux effacer toute trace écrite ou numérique de l’action.

Avec qui ?

La confiance et la connaissance des autres peut être un élément déterminant pour le succès d’une action, ça dépend évidemment du type d’action. Pour des actions un peu risquées juridiquement, c’est bien de faire gaffe à qui on en parle et de pas ébruiter ce qui va être fait et avec qui plus que nécessaire à la réussite de l’action.
Se mettre d’accord sur des niveaux de sécurité peut être très utile surtout s’il s’agit de personnes qui n’ont pas forcément l’habitude de faire ce genre de trucs ensemble.

Lieux

Dans les bâtiments, particulièrement dans des maisons/pièces où l’état à un intérêt à surveiller, des micros ou des caméras peuvent être cachés. Du coup, on peut prendre l’habitude de faire les réus ou des compte-rendus en plein air ou dans des lieux sûrement pas surveillés. On peut aussi écrire les trucs qui craignent le plus (noms, date, heure….) sur un papier et le brûler après, ou montrer sur une carte (lieux, trajets…), éviter de dire les trucs importants à haute voix.

Téléphones

Le téléphone n’est pas ton ami : c’est bien d’éviter d’avoir son portable sur soi quand on parle de l’action, et c’est fortement déconseillé d’en parler au téléphone !! On peut aussi l’éteindre et enlever la puce et la batterie mais si plein de téléphones s’éteignent en même temps au même endroit à chaque réu de préparation, c’est hyper facile pour les flics de faire les rapprochements entre les personnes, même après l’action. Laisser son portable chez soi si on n’en a pas spécialement besoin est encore la meilleure option !

Ordinateurs et internet

Les ordinateurs comme beaucoup d’objets technologiques peuvent être fliqués : il existe quelques trucs pour limiter les risques : désactiver le contrôle à distance sur windows, mettre du scotch sur la caméra, utiliser des systèmes qui anonymisent la navigation internet (tor) et n’enregistrent aucune donnée sur l’ordi (tails) : voir page sécurité internet.

En cas d’arrestation

Il y aurait beaucoup à dire sur les stratégies possibles face aux flics ou à la justice. Mais pour faire court, moins on parle aux flics, moins on risque de leur donner des infos incriminantes sans le vouloir, ou de contredire les éventuel.le.s autres arrêté.e.s, ou de s’embrouiller ! C’est pas forcément simple de refuser de répondre – surtout que les flics ont plein de stratégies pour faire parler : menace (« si tu donnes pas ton identité, on te garde 48h »), mensonges (« ta pote t’a balancée, ça sert plus à rien de nier »), « gentil flic » (« moi je suis d’accord avec votre combat, j’essaie de vous aider ») – mais ça devient souvent encore plus compliqué de commencer à parler et de devoir se rappeler de ce qu’on a dit, de ne pas se contredire etc. Dans ce genre de moments désagréables, il est plus facile de tenir une stratégie si elle a été décidé collectivement et donc s’il y a eu des discussions pour préparer cette éventualité : est ce qu’on donne les identités ? Est ce qu’on préfère être tou.te.s arrêté.e.s ensemble ou qu’il y ait le moins d’arrestations possibles ? Est ce qu’on refuse de collaborer (refus de parler, donner les empreintes, photos, ADN etc) et qu’est ce que ça implique ? Est ce qu’il y a une personne prévenue qui ne participe pas à l’action qu’on peut faire appeler et qui peut organiser le lien avec l’extérieur ?

Pour approfondir, il existe plusieurs brochures et ressources :
– L’excellent bien qu’un peu vieux maintenant « face à la police, face à la justice », février 2007, http://www.guidejuridique.net/ , avec mises à jour là www.actujuridique.com.
– « Manuel de survie en garde-à-vue », février 2010, https://rebellyon.info/Manuel-de-survie-en-garde-a-vue.html

Être bien préparé face à la répression demande de l’énergie et de la réflexion, surtout au début, ça peut aussi devenir un ensemble de réflexes qui aident à organiser des actions plus sereinement et efficacement.

Une version plus détaillée de ces conseils est en préparation, pour approfondir il existe aussi d’autres ressources sur le sujet :
– la culture de la sécurité http://infokiosques.net/lire.php?id_article=556
– Action directe mode d’emploi http://infokiosques.net/spip.php?article101